Initialement prévues en Septembre 2020, les élections législatives ont été reportées le 17 Octobre, en raison de la seconde vague de Covid-19 en Nouvelle-Zélande et des bouleversements engendrés. En plus des élections de leur nouveau gouvernement, les néo-zélandais et personnes ayant le statut de résident sont invités à s’exprimer sur deux sujets de société à travers deux référendums : la légalisation du cannabis “récréatif” et la fin de vie.
Zoom sur les candidats en lice
Pour rappel, la Nouvelle-Zélande est une démocratie multipartite et une monarchie parlementaire appartenant au Commonwealth. Le chef de l'État est la reine Élisabeth II mais le gouvernement est conduit par le Premier Ministre et son cabinet issu de l'élection du Parlement.
Les néo-zélandais et résidents auront le choix entre plusieurs partis politiques. Parmi eux, on peut citer les principaux :
New Zealand Labour : Jacinda Ardern (Première Ministre sortante)
The New Zealand National Party : Judith Collins
New Zealand First : Winston Peters
The Green Party of Aotearoa /New Zealand : Marama Davidson and James Shaw
ACT New Zealand : David Seymour
Les résultats préliminaires de cette élection seront révélés dès le 17 Octobre à partir de 19h.
Les référendums proposés
Le vote aux deux référendums n’est pas obligatoire mais c'est l'occasion pour les kiwis et résidents d'avoir leur mot à dire sur deux questions de société importantes. Il leur est également possible de choisir de voter lors d'un seul référendum s’ils le souhaitent.
Les votes référendaires seront comptés après le jour des élections et les résultats préliminaires du référendum seront publiés le vendredi 30 octobre. Les résultats définitifs du référendum seront publiés le vendredi 6 novembre.
Le référendum sur la légalisation du cannabis “récréatif”
Lors de l'élection générale d’Octobre, il sera également proposé aux néo-zélandais de voter (oui ou non) lors d'un référendum sur la question de savoir si l'usage récréatif du cannabis devrait devenir légal.
Le projet de loi propose au gouvernement un moyen de contrôler et de réglementer le cannabis. Cette nouvelle réglementation couvrivrait la manière dont les gens peuvent produire, fournir ou consommer du cannabis. Le principal objectif du projet de loi est de réduire les dommages liés au cannabis causés aux individus, aux familles et aux communautés.
Le projet de loi légalise l'accès restreint au cannabis
Le projet de loi permettrait aux gens de posséder et de consommer du cannabis dans des circonstances limitées. Une personne âgée de 20 ans ou plus pourrait :
acheter jusqu'à 14 grammes de cannabis séché (ou son équivalent) par jour, uniquement dans des points de vente autorisés
pénétrer dans les locaux autorisés où le cannabis est vendu ou consommé
consommer du cannabis sur une propriété privée ou dans des locaux autorisés
faire pousser jusqu'à 2 plantes, avec un maximum de 4 plantes par ménage
partager jusqu'à 14 grammes de cannabis séché (ou son équivalent) avec une autre personne âgée de 20 ans ou plus.
Le but du projet de loi est de réduire les préjudices causés aux personnes et aux communautés. Cela passe par :
fournir un accès au cannabis légal qui répond aux exigences de qualité et de puissance du produit
éliminer l'offre illégale de cannabis
sensibiliser aux risques pour la santé liés à la consommation de cannabis
restreindre l'accès des jeunes au cannabis
limiter la visibilité publique du cannabis
exiger des mises en garde sanitaires sur l'emballage et au moment de l'achat
améliorer l'accès aux services de santé et aux services sociaux, et à d'autres types de soutien pour les familles
s'assurer que la réponse à toute infraction à la loi est équitable.
Le projet de loi contrôle la production et l'offre de cannabis
Le projet de loi réglementerait la façon dont le cannabis est produit et fourni. Cela implique de :
limiter la quantité totale de cannabis autorisé à vendre
contrôler la puissance et le contenu du cannabis et des produits du cannabis autorisés
appliquer une taxe lorsqu'un produit est emballé et étiqueté pour la vente
mettre en place un système de licence en vertu duquel toutes les entreprises liées au cannabis doivent détenir une licence
réglementer l'emplacement et les heures de négoce des locaux où le cannabis est vendu ou consommé, en consultation avec les communautés locales
interdire aux gens d'importer du cannabis et autoriser uniquement les entreprises autorisées à importer des graines de cannabis
séparer les entreprises autorisées à cultiver du cannabis et à produire des produits du cannabis, des entreprises autorisées à exploiter des locaux où le cannabis peut être vendu et consommé.
Le référendum sur la fin de vie
Les néo-zélandais pourront aussi voter (oui ou non) lors d'un référendum sur la End of Life Choice Act 2019. La loi donnerait aux personnes atteintes d'une maladie en phase terminale la possibilité de demander l'assistance à mourir. Le Parlement a adopté la End of Life Choice Act, mais elle n'est pas entrée en vigueur. La loi n'entrera en vigueur que si plus de 50% des électeurs au référendum votent «oui».
Qui serait admissible à cette assistance de fin de vie ?
Pour pouvoir demander cette assistance, une personne devrait répondre à TOUS les critères suivants :
être âgé de 18 ans ou plus
être citoyen ou résident permanent de Nouvelle-Zélande
souffrir d'une maladie en phase terminale susceptible de mettre fin à leur vie dans les 6 mois
avoir un déclin significatif et continu de la capacité physique
éprouver des souffrances insupportables qui ne peuvent être soulagées
être en mesure de prendre une décision éclairée sur l'aide à mourir.
Une personne ne pourrait pas demander l’assistance à mourir si la seule raison qu'elle invoque est qu'elle souffre d'un trouble mental ou d'une maladie mentale, ou qu'elle a une incapacité de quelque nature que ce soit, ou qu'elle est d'un âge avancé.
Qui serait considéré comme capable de prendre une décision éclairée concernant l'assistance à mourir ?
En vertu de la loi, une personne est en mesure de prendre une décision éclairée sur l'aide à mourir si elle peut faire TOUTES les choses suivantes :
comprendre les informations sur l'aide à mourir
se souvenir des informations sur l'aide à mourir afin de prendre la décision
prendre en considération les informations sur l'aide à mourir au moment de prendre sa décision
communiquer leur décision d'une manière ou d'une autre.
S'assurer que le choix est fait librement
Le médecin doit faire de son mieux pour s'assurer que le choix d'une personne lui appartient. Si, à tout moment, le médecin ou l'infirmière praticienne pense qu'une personne subit des pressions au sujet de sa décision, il doit interrompre le processus. Un professionnel de la santé n'est pas autorisé à suggérer l'assistance à mourir lorsqu'elle lui fournit un service de santé.